
CHRONIQUE. La création de Migros en 1925 par Gottlieb Duttweiler n’est pas étrangère à la crise du libéralisme dans les années 1930, écrit notre chroniqueur, l’historien Olivier Meuwly
1925 est une année charnière de l’histoire du monde. En avril est élu à la présidence du Reich Paul von Hindenburg et, quelques mois plus tard, est publié Mein Kampf. Le vieux président n’apprécie guère son auteur, un petit caporal d’origine autrichienne. Mais il finira par lui laisser la bride sur le cou. Le destin de la République de Weimar est scellé.
Au même moment, la Suisse, meurtrie, comme le reste de l’Europe, par la grave crise économique consécutive à la Grande Guerre, se plonge dans les Années folles avec optimisme. Siège de la Société des Nations, elle accueille la conférence de Locarno qui, croit-on, va poser les bases d’une paix intangible. Mais son univers économique est sur le point de tressaillir: la même année, le Zurichois Gottlieb Duttweiler fonde Migros. Cela a l’effet d’une bombe.
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